1ère génération à Sfax : 1833 - Thomas Mattei arrive de Corse et s'établit à Sfax
Page d'accueil
Arbre généalogique
 
1830 : Angelo Avvocato, sicilien, fut le premier italien à venir s'établir à Sfax en tant que médecin du caïd Mahmoud Djellouli et du Bey du Camp.
Son fils Emmanuele fut le premier chrétien né à Sfax et y était consul à sa mort en 1891. Caroline qui épousa en 1849 Charles Carleton, consul d'Angleterre et frère de William, devait être sa soeur. Carmelo, consul du Piémont Sardaigne, était son frère.

1833 : Thomas Mattei, fils de François, capitaine de marine marchande, natif d'Ersa, village le plus au nord de la Corse, d ans le Cap Corse, fut le premier français à Sfax.
La famille Mattei est plus précisément issue du hameau de Granaggiolo. Au 18ème siècle, les Mattei y étaient très nombreux, unis par tout un réseau d'alliances et de relations, avec les familles Bonavita, Trama, Urbani, Pasquale, Cappucci, Potentini, Ferrari, .....

Les Mattei étaient résolument tournés, comme beaucoup de cap-corsins, vers les métiers de la mer. Ils étaient marins marchands, plus rarement pêcheurs, et ceci très souvent de père en fils. Leurs fonctions commerciales les amenèrent souvent à assumer aussi des fonctions consulaires.

Leur histoire était à ce jour mal connue des corses si ce n'est le chapitre considéré aujourd'hui comme succinct que leur avait consacré l'historien cap-corsin, Marien Martini, dans son fameux ouvrage 'Les Corses dans l'expansion française' paru en 1953.
Selon les thèses de Laurenzi di Bradi et Jacques Gregori, les Mattei du Cap Corse descendraient d'une branche princière romaine dont les membres furent exilés en Corse par le Pape pour avoir pris parti pour l'empereur, vers 1270.
Dans les années 1770, Joseph - Antoine Mattei était vice-consul d'Espagne.
En 1791, François Mattei était capitaine de marine.
Avec Marianna Trama, il eut deux filles et deux fils, Thomas (1792 - 1864) et André (1803 - 1891), son frère cadet de onze ans.

Thomas Mattei eut sept enfants : quatre avec Thérèse Marini et trois avec Jeanne Farina.
André Mattei eut six enfants avec Jeanne Cedi.

Thomas, décoré de l'ordre de Sainte-Hélène et André naviguèrent et menèrent une vie très aventureuse entre la Corse, l'Egypte, la Libye et la Tunisie, en passant notamment par Marseille, Livourne, Malte, la Sardaigne et la Sicile.

Capitaines de la marine marchande et négociants en laines, éponges et alfa, ils envahirent les agences consulaires françaises et européennes en Libye ( Tripoli et Benghazi ), à Sfax et dans le Sud Tunisien.
Thomas épousa en Libye une corse originaire de Bonifacio, Thérèse Marini, scellant ainsi l'union entre deux membres de familles de marins issues des deux extrémités corses opposées.
En 1833, on le trouvait à la tête d'une flotte de navires au large de Tripoli, pour défendre les intérêts européens et ceux du Bey contre la dynastie hostile des Karamanli.
C'est certainement l'intervention turque qui amena les frères Mattei à quitter alors la Libye, emmenant avec eux de nombreuses familles maltaises et siciliennes.

Thomas et André Mattei furent les premiers français à s'installer en 1833 à Sfax.

Les deux frères, dès leur arrivée à Sfax, commencèrent à faire aimer la France et contrebalancèrent les grandes influences italienne et maltaise.
Thomas fut consul de France à Sfax après Tripoli, en Tripolitaine, et à Benghazi, en Cyrénaïque.
Son frère, André, capitaine de marine comme lui, devint consul de Belgique, du Danemark et de Hollande et aussi de France à Sfax.
Courageux et aventurier, Thomas accompagna le maréchal de France Pélissier, gouverneur de l'Algérie dans la plupart de ses explorations. Cet Ulysse des temps modernes s'habitua vite à la vie simple et dure des arabes sur lequel il eut un grand ascendant. Le doyen des Mattei était l' intermédiaire incontournable entre négoce et diplomatie.

Pour cela, au regard des autorités beylicales, il fut incontestablement privilégié par la position exceptionnelle de son beau-frère, Joseph Marini, fils de Jean et de Madeleine Bogognano. Celui-ci, orphelin de père en 1813, aurait été enlevé vers six ans par les pirates barbaresques sur les côtes corses et amené à Tunis, à la cour beylicale, où il devint page auprès de Mahmoud Bey, puis ami d'enfance du futur Ahmed Bey. Il fut converti à l'islam et fut appelé Si Slim el Corso, alias Selim Corso. On dit que le bey lui donna une de ses nombreuses filles en mariage. Il grandit à la cour beylicale et devint, par la suite, officier, doyen dans le corps des mamelouks et caïd, gouverneur de Bizerte, Beja, Djerba, Metellits et enfin de Nefzaoua.
En 1866, il fut écarté du pouvoir et de l'entourage de Sadok Bey, puis exilé parce qu'il boudait à la fortune du tout puissant premier ministre Mustapha Khaznadar, qu'il avait eu sous ses ordres, estimant qu'il aurait dérogé à son origine corse en sollicitant les faveurs d'un ministre d'origine grecque.

1834 : Giuseppe Ghiggino vient s'établir avec sa famille à Sfax. Il fut consul d'Italie (Piémont) et était le père de Mathilde .

1834 : Edward Carleton était à Malte. Il avait été envoyé par sa Majesté Britannique entre 1800 et 1809 pour prendre la capitanat du port de La Valette, à Malte, lieu hautement stratégique en mer Méditerranée, indispensable pour entraver l'hégémonie de l'ennemi français et asseoir l'influence anglaise en Afrique du Nord.
Il devait être doté d'une abnégation et d'un courage remarquables pour qu'on lui attribue, à moins de 25 ans, une tâche aussi périlleuse, si loin de ses racines, à Arundel (comté du Sussex West), dans une île qui avait été envahie en 1798 par Napoléon Bonaparte en partance pour sa campagne d'Egypte.
Edward, protestant, épousa en 1809 une maltaise catholique, Magdalena Tonna (1789-1862), fille de Félix Tonna et d'Anna Zammit. Ils eurent huit enfants :
Marianne 1810, Elizabeth 1811, William 1812, Cajetana 1814, Edward 1817, Paula 1822, Charles 1823, Robert qui ira au Maroc.

Résumé

La diplomatie anglaise et donc maltaise était assurée par les trois frères consuls Carleton au Sahel, à Sfax et dans le Sud Tunisien.

La diplomatie italienne était assurée à Sfax et dans le Sud Tunisien par les familles de consuls Ghiggino ( Piémont ) et Avvocato ( Sicile ), très liées entre elles.

La diplomatie française était assurée à Sfax, dans le Sud Tunisien et à Sousse par la famille Mattei.

Thomas Mattei, son fils Jean-Henri et son gendre Antoine d'Espina gérèrent les agences consulaires de France à Sfax ( Thomas de 1833 à 1849, Antoine d'Espina de 1849 à 1858, Jean-Henri de 1858 à 1881 ), à Gabès (Jean-Henri de 1853 à 1856 et comme agent sanitaire de 1856 à 1858) et à Sousse, au Sahel ( Antoine d'Espina de 1858 jusqu'à sa mort lors de l'épidémie de choléra en 1867 ).

André Mattei fut vice-consul de Belgique, de Danemark et de Hollande pour Sfax, Gabès et le Sud Tunisien. Il épaula son fils Annibal qui fut vice-consul de France et de Belgique.
'La famille Mattei a toujours eu à coeur la grandeur de la France' ( et aussi celui de la Tunisie pour adopter le prénom du général si prestigieux )

 
Génération par génération :