1833 à 1956 à Sfax: L'HISTOIRE DE 7 GENERATIONS DE FRANÇAIS
ISSUES DES ALLIANCES CONSULAIRES (par Guy-Joseph Fouché)

 

Ma mère, Paulette Fouché, née Rigal, a écrit un article intitulé ' Mes racines ' dans la DS ( Diaspora Sfaxienne ) n° 24 - 1990, page 47. Elle y relatait l'importance de l'action de son arrière-arrière-grand-père, Jean-Henri Mattei, consul de France à Sfax, pour l'instauration du protectorat français en 1881.

Elle indiquait qu'elle était la petite fille d'Albert Morizot et de Caroline Carleton qui naquit au consulat.
Notre cousin, Richard Carleton, lut l'article et l'appela de Lyon pour lui dire combien il avait apprécié l'article. Il lui fit part qu'il avait fait, aidé de ses proches et d'une généalogiste anglaise, Margaret Pritchard, une recherche généalogique concernant les familles Carleton et Mattei et lui envoya un exemplaire d'un magnifique recueil de 200 pages.

Ma mère avait bien déjà entendu sa grand-mère Caroline lui parler de l'existence d'un blason familial et connaissait l'existence dans le dictionnaire de Guy Carleton, baron Dorchester, mais ceci était bien lointain.

En lisant ce document, elle comprit que ses racines s'étendaient bien au-delà de ses pensées :

  • Les enfants de Richard et ma mère représentaient au moins la 30ème génération Carleton, la première retrouvée datant de l'an mille.
    Le normand Baldwin de Carleton, bras droit de Guillaume le Conquérant, combattit avec lui en 1066 à la bataille d'Hastings et reçut le domaine de Carleton Hall, dans le Cumberland, pour 600 ans pour lui et ses descendants. Il était appelé le père de la jurisprudence anglaise.
    La mère d'Adam de Carleton (7ème génération) descendait de la reine Isabelle d'Espagne.
  • John Carleton (16ème génération) était cousin d'Henri VIII, roi d'Angleterre, par alliance avec la reine Katherine Howard.
    Il était le grand-père de Dudley ( 1573 - 1632 ), vicomte Dorchester, qui portait le blason familial ( baronet Carleton de Holcombe - Oxfordshire et avait été secrétaire de l'ambassadeur de France à l'époque de Richelieu, puis ambassadeur de Venise, de Hollande, puis 1er ministre du roi Charles 1er, de 1628 jusqu'à sa mort.
  • Entre 1832 et 1835, trois frères Carleton, William, Charles et Edward (26ème génération) vinrent de Malte pour s'établir en Tunisie. Respectivement, ils furent tous les trois consuls d'Angleterre à Sfax.
    Ils étaient les fils d'Edward Carleton qui avait quitté le berceau familial à Arundel ( Sussex ), chargé de prendre le capitanat du port de la Valette, à Malte, après 1802, durant l'ère napoléonienne.
  • Né en 1783, année où l'Angleterre reconnut l'indépendance des Etats-Unis, il était un cousin du fameux Guy Carleton ( 1724 - 1808 ), baron Dorchester, général, commandant en chef de l'armée anglaise en Amérique, qui devint gouverneur du Québec, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick.
    Son nom a été donné, notamment, à un quartier d'Ottawa, à une ville du Québec et à une montagne.
    Il combattit Lafayette qui, comble de l'histoire, était à côté de Joseph Fouché, duc d'Otrante, quand celui-ci fit signer sa lettre d'abdication à Napoléon ler, vaincu, à la demande des anglais.
    Lord Dorchester Carleton Guy Carleton Edward Blason familial

Ma mère avait déjà perdu son oncle, Henri Morizot, en 1985, et son père, Marcel Rigal, en 1986.
En 1990, elle perdit sa mère, Yvonne Rigal née Morizot, suite à une longue maladie.
Mon père, Joseph Fouché, qui fut directeur de l'école primaire de Mahdia - Hiboun, de 1947 à 1956, décéda en 1993, également, d'une longue et douloureuse maladie.

Lord Dorchester

Carleton Guy

Carleton Edward

Blason familial

Très affectée par ces pertes successives et très occupée, elle ne put écrire de nouveaux articles. Conscient qu'elle représentait le dernier témoin proche de la Tunisie d'avant 1956, je décidai de l'emmener, en 1999, à la réunion ' les Hauts de France ', à Paris, et à celle de Fréjus afin qu'elle prenne part aux manifestations annuelles de cette fin de siècle et qu 'elle y retrouve ses amis sfaxiens. N'ayant pu connaître la Tunisie jusqu'alors, je décidai de faire un pélerinage en juillet sur les traces de mes aïeux pour trouver l'inspiration nécessaire à l'écriture de mes articles et, aussi, pour être plus crédible en tant que nouvel adhérent de la Diaspora Sfaxienne, grâce à laquelle j'ai fait tant de découvertes et j'en ferai d'autres.

Pour le dernier numéro de ce siècle, Richard Carleton m'a autorisé à utiliser le fruit de ses longues années de travail dont pourront bénéficier les nombreux descendants de ces familles et les passionnés d'histoire. Nous en profitons pour remercier sa famille, Elvire Carleton, Margaret Pritchard et ceux qui ont participé à l'élaboration de cette oeuvre, ainsi que Mr Pierre Soumille et Andrea Smith qui ont écrit un article remarquable dans la Diaspora Sfaxienne 1997, article dont j'ai pu m'inspirer et auquel j'apporte quelques réponses. Tous mes hommages aussi à nos disparus qui ont apporté leur collaboration au dynamisme de la Tunisie et je tiens particulièrement à m 'excuser auprès des nôtres, si laborieux, de déroger à leur exemplaire sobriété.

 
 
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