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Ma mère, Paulette Fouché, née Rigal, a écrit
un article intitulé ' Mes racines ' dans la DS ( Diaspora
Sfaxienne ) n° 24 - 1990, page 47. Elle y relatait l'importance
de l'action de son arrière-arrière-grand-père,
Jean-Henri Mattei, consul de France à Sfax, pour l'instauration
du protectorat français en 1881.
Elle indiquait qu'elle était la petite fille d'Albert Morizot
et de Caroline Carleton qui naquit au consulat.
Notre cousin, Richard Carleton, lut l'article et l'appela de Lyon
pour lui dire combien il avait apprécié l'article.
Il lui fit part qu'il avait fait, aidé de ses proches et
d'une généalogiste anglaise, Margaret Pritchard, une
recherche généalogique concernant les familles Carleton
et Mattei et lui envoya un exemplaire d'un magnifique recueil de
200 pages.

Ma mère avait bien déjà entendu sa grand-mère
Caroline lui parler de l'existence d'un blason familial et connaissait
l'existence dans le dictionnaire de Guy Carleton, baron Dorchester,
mais ceci était bien lointain.
En lisant ce document, elle comprit que ses racines s'étendaient
bien au-delà de ses pensées :
- Les enfants de Richard et ma mère représentaient
au moins la 30ème génération Carleton, la
première retrouvée datant de l'an mille.
Le normand Baldwin de Carleton, bras droit de Guillaume le Conquérant,
combattit avec lui en 1066 à la bataille d'Hastings et
reçut le domaine de Carleton Hall, dans le Cumberland,
pour 600 ans pour lui et ses descendants. Il était appelé
le père de la jurisprudence anglaise.
La mère d'Adam de Carleton (7ème génération)
descendait de la reine Isabelle d'Espagne.
- John Carleton (16ème génération) était
cousin d'Henri VIII, roi d'Angleterre, par alliance avec la reine
Katherine Howard.
Il était le grand-père de Dudley ( 1573 - 1632 ),
vicomte Dorchester, qui portait le blason familial ( baronet Carleton
de Holcombe - Oxfordshire et avait été secrétaire
de l'ambassadeur de France à l'époque de Richelieu,
puis ambassadeur de Venise, de Hollande, puis 1er ministre du
roi Charles 1er, de 1628 jusqu'à sa mort.
- Entre 1832 et 1835, trois frères Carleton, William, Charles
et Edward (26ème génération) vinrent de Malte
pour s'établir en Tunisie. Respectivement, ils furent tous
les trois consuls d'Angleterre à Sfax.
Ils étaient les fils d'Edward Carleton qui avait quitté
le berceau familial à Arundel ( Sussex ), chargé
de prendre le capitanat du port de la Valette, à Malte,
après 1802, durant l'ère napoléonienne.
- Né en 1783, année où l'Angleterre reconnut
l'indépendance des Etats-Unis, il était un cousin
du fameux Guy Carleton ( 1724 - 1808 ), baron Dorchester, général,
commandant en chef de l'armée anglaise en Amérique,
qui devint gouverneur du Québec, de la Nouvelle-Ecosse
et du Nouveau-Brunswick.
Son nom a été donné, notamment, à
un quartier d'Ottawa, à une ville du Québec et à
une montagne.
Il combattit Lafayette qui, comble de l'histoire, était
à côté de Joseph Fouché, duc d'Otrante,
quand celui-ci fit signer sa lettre d'abdication à Napoléon
ler, vaincu, à la demande des anglais.
Lord Dorchester Carleton Guy Carleton Edward Blason familial
Ma mère avait déjà perdu son oncle, Henri
Morizot, en 1985, et son père, Marcel Rigal, en 1986.
En 1990, elle perdit sa mère, Yvonne Rigal née Morizot,
suite à une longue maladie.
Mon père, Joseph Fouché, qui fut directeur de l'école
primaire de Mahdia - Hiboun, de 1947 à 1956, décéda
en 1993, également, d'une longue et douloureuse maladie.

Lord Dorchester
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Carleton Guy
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Carleton Edward
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Blason familial
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Très affectée par ces pertes successives et très
occupée, elle ne put écrire de nouveaux articles.
Conscient qu'elle représentait le dernier témoin proche
de la Tunisie d'avant 1956, je décidai de l'emmener, en 1999,
à la réunion ' les Hauts de France ', à Paris,
et à celle de Fréjus afin qu'elle prenne part aux
manifestations annuelles de cette fin de siècle et qu 'elle
y retrouve ses amis sfaxiens. N'ayant pu connaître la Tunisie
jusqu'alors, je décidai de faire un pélerinage en
juillet sur les traces de mes aïeux pour trouver l'inspiration
nécessaire à l'écriture de mes articles et,
aussi, pour être plus crédible en tant que nouvel adhérent
de la Diaspora Sfaxienne, grâce à laquelle j'ai fait
tant de découvertes et j'en ferai d'autres.
Pour le dernier numéro de ce siècle, Richard Carleton
m'a autorisé à utiliser le fruit de ses longues années
de travail dont pourront bénéficier les nombreux descendants
de ces familles et les passionnés d'histoire. Nous en profitons
pour remercier sa famille, Elvire Carleton, Margaret Pritchard et
ceux qui ont participé à l'élaboration de cette
oeuvre, ainsi que Mr Pierre Soumille et Andrea Smith qui ont écrit
un article remarquable dans la Diaspora Sfaxienne 1997, article
dont j'ai pu m'inspirer et auquel j'apporte quelques réponses.
Tous mes hommages aussi à nos disparus qui ont apporté
leur collaboration au dynamisme de la Tunisie et je tiens particulièrement
à m 'excuser auprès des nôtres, si laborieux,
de déroger à leur exemplaire sobriété.
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